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Performance collective : votre équipe est-elle vraiment performante ? … ou est-ce chacun de ses membres qui l'est ?

il y a 1 minute
4 min de lecture

Une équipe de collaborateurs compétents. Des personnes autonomes, investies dans leur travail. De bonnes relations, peu de tensions apparentes.

À première vue, tout va bien.

Et pourtant…

Le manager reste au centre de presque tout. Chacun travaille principalement dans son périmètre. Les expériences sont peu partagées, les pratiques évoluent séparément et certaines difficultés sont résolues plusieurs fois, par des personnes différentes.

L'équipe fonctionne. Mais fonctionne-t-elle réellement en équipe ?


Cette distinction, je la rencontre souvent dans mes accompagnements.

Car derrière une équipe qui semble bien fonctionner peuvent se cacher des pertes de temps, des pratiques peu optimisées et une forte dépendance au manager.

Autant de coûts qui ne se voient pas toujours dans les résultats, mais qui pèsent sur l'efficience et la performance collective.


Performance collective : de quoi parle-t-on exactement ?

Nous avons souvent tendance à évaluer la performance d'une équipe à travers ses résultats.

Les objectifs sont-ils atteints ? Les délais respectés ? Les clients satisfaits ?

Ces indicateurs sont essentiels. Mais ils ne racontent pas toute l'histoire.

Car deux équipes peuvent obtenir des résultats comparables en mobilisant des niveaux d'effort, de temps et d'énergie très différents.


Pour moi, la performance d'une équipe repose sur trois dimensions complémentaires :

  • Les résultats : sa capacité à atteindre les objectifs qui lui sont confiés.

  • L'efficience : sa capacité à mobiliser intelligemment ses ressources, son temps et ses compétences pour y parvenir.

  • La capacité collective : son aptitude à coopérer, à apprendre de ses expériences et à faire face ensemble aux situations qui dépassent les responsabilités individuelles.

Une équipe peut donc atteindre ses objectifs tout en disposant d'une importante marge de progression dans son fonctionnement collectif.

Et cette marge a un coût.


Le coût invisible du « chacun dans son coin »

Lorsqu'il y a peu de partage d'expériences, chacun développe ses propres méthodes, trouve ses solutions et apprend de ses erreurs.

Individuellement, cela peut très bien fonctionner.

Collectivement, c'est une autre histoire.

Une difficulté déjà résolue par un collègue mobilise à nouveau du temps.

Une pratique efficace reste confinée à une seule personne.

Un processus chronophage continue d'être utilisé parce que personne n'a pris le temps de comparer les façons de faire.

Progressivement, les écarts de pratiques s'installent et les possibilités d'amélioration passent inaperçues.

L'organisation dispose des compétences, mais ne bénéficie pas pleinement de leur mise en commun: un fonctionnement qui s'est installé au fil du temps, sans être véritablement questionné.


L'interdépendance : ce qui fait la différence

Toutes les activités ne nécessitent pas le même degré de coopération.

Certaines tâches peuvent être réalisées de manière parfaitement autonome. Et c'est très bien ainsi.

Mais dès lors que le travail de l'un influence celui de l'autre, que les décisions ont des conséquences sur plusieurs périmètres ou que les mêmes difficultés se présentent à différents endroits, une forme d'interdépendance existe.

La question devient alors : comment l'équipe prend-elle en charge ces interdépendances ?

Les membres savent-ils quand se consulter ? Partagent-ils leurs expériences ? Confrontent-ils leurs pratiques ? Ont-ils des espaces pour résoudre ensemble les difficultés récurrentes ?

Ou chacun continue-t-il à avancer de son côté, en comptant sur le manager pour faire les liens ?

La coopération ne consiste pas à tout faire ensemble.

Elle consiste à reconnaître les situations dans lesquelles le travail de chacun gagne à être articulé avec celui des autres.


Quand le manager devient le point de passage obligé

C'est une autre conséquence possible d'un collectif insuffisamment développé.

Le manager centralise les informations, coordonne les actions, répond aux sollicitations, tranche les questions et fait circuler les bonnes pratiques.

Il devient le lien entre des collaborateurs qui pourraient parfois échanger directement.

À court terme, cette organisation peut sembler efficace. Le manager connaît les dossiers, dispose d'une vision d'ensemble et apporte rapidement des réponses.

Mais à mesure que l'activité se développe, les limites apparaissent.

Son temps devient une ressource critique. Certaines décisions attendent son intervention. Et l'équipe développe peu sa capacité à traiter collectivement les sujets qui la concernent.

Cette centralisation peut d'ailleurs être entretenue des deux côtés : par les habitudes des collaborateurs, comme par celles du manager.

À force d'être indispensable au fonctionnement quotidien, le manager peut devenir, malgré lui, une limite à l'autonomie collective.


Passer d'une somme d'individus à un véritable collectif

Faut-il alors multiplier les réunions, ou les projets communs ? Pas nécessairement.

La première étape consiste simplement à regarder comment l'équipe fonctionne réellement.

Où perdons-nous du temps ?

Quels problèmes résolvons-nous plusieurs fois ?

Quelles informations ou expériences gagneraient à être partagées ?

Quelles décisions pourraient être prises sans passer systématiquement par le manager ?

Sur quels sujets avons-nous réellement besoin les uns des autres pour mieux réussir ?


Une équipe performante ne se définit pas par le nombre d'interactions entre ses membres. Elle se reconnaît aussi à sa capacité à mobiliser les bonnes compétences au bon moment, à apprendre collectivement et à réguler ses interdépendances.

Une bonne ambiance et des collaborateurs compétents constituent des atouts précieux, mais ne garantissent pas, à eux seuls, l'efficience du collectif.


Car derrière une équipe qui semble bien fonctionner peuvent se cacher des pertes de temps, des pratiques peu optimisées et une forte dépendance au manager.

Autant de coûts qui ne se voient pas toujours dans les résultats, mais qui pèsent sur l'efficience et la performance collective.


Si vous additionniez le temps passé chaque semaine à refaire ce qui a déjà été fait, à rechercher une information détenue par un collègue ou à attendre un arbitrage du manager… combien d'heures votre équipe perdrait-elle ?

Illustration de la performance collective : un sablier symbolise le temps perdu à refaire des tâches, rechercher des informations et attendre des décisions.
Combien d’heures votre équipe perd-elle sans même s’en rendre compte ?

 
 
 

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