Décision et leadership: ce qui fait vraiment tenir une décision quand on est dirigeant.
- Claire Sverzut

- 23 mars
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 mai
Une décision tient rarement le jour ou elle est prise.
Elle tient - ou non - quelques jours plus tard, quand le réel revient.
Scène 1: séminaire stratégique CODIR/COMEX
Deux jours pour prendre du recul, aligner les priorités et les ressources et la redescente au reste de l'organisation est prévu.
Le plan est posé, structuré.
Tout le monde repart avec une direction claire et un plan d'actions concret.
Quelques semaines plus tard, le réel reprend sa place: une urgence client, un sujet supply, des tensions opérationnelles .
Les priorités s'ajustent. Un peu au début. Puis davantage.
Ce qui était structurant devient secondaire.
Ce qui est secondaire devient urgent.
Scène 2: dans la vie personnelle
Fin de journée. Fatigue. Une journée dense. Peu d'espace.
Décision prise le matin: prendre une heure pour soi. Pour couper, respirer, marcher .
En rentrant, un message. Une sollicitation. "Je le ferais demain".
La soirée se remplit, la décision disparait avec l'espace.
La décision n'a pas été abandonnée, elle a simplement été repoussée, comme dans la scène 1.
Ces scènes sont banales et fréquentes.
Et pourtant elles posent une vraie question:
Pourquoi des décisions claires et réfléchies, ne tiennent pas dans le temps ?
On connait tous la réponse. Consciemment ou pas.
Ce qui se joue est subtil. Tenir une décision, ce n'est pas simplement la prendre (même si c'est parfois difficile). C'est:
maintenir une ligne quand le contexte bouge
arbitrer parmi les urgences
assumer les renoncements que ce choix implique
résister au ajustements "temporaires" qui deviennent définitifs
continuer même quand l'énergie ou la motivation baisse.
Certaines décisions se délitent. Progressivement.
La différence ne tient pas à la qualité du plan. Elle tient à l'alignement.
Deux décisions peuvent être également pertinentes. L’une tient. L’autre disparaît.
Celle qui disparait n'est souvent pas reliée à :
à un objectif personnel clair
à quelque chose de mesurable
à un bénéfice tangible (what’s in it for me)
ou à un équilibre que l'on peut réellement respecter.
À l’inverse, certaines décisions “accrochent”.
Parce qu’elles sont habitables, et qu'on peut réellement les porter.
Certes, elles ont un coût - mais ce coût fait sens.
Elles demandent un effort - mais cet effort est choisi.
“La motivation vous sert de départ. L’habitude vous fait continuer.” — Jim Ryun
Pas dans l’élan initial. Mais dans ce qui permet de durer.
On pourrait parler ça des décisions écologiques: des décisions que l’on peut tenir sans se trahir.
La vraie question est donc: “Est-ce une décision que je suis prêt(e) à tenir ?”
Pour un dirigeant, c'est la que le vrai travail de leadership commence - autour de la décision, de ce qu'elle coute, et de ce qu'elle demande pour tenir, Et c'est précisément là que l'accompagnement prend tout son sens.
Claire Sverzut
Invalues - Allier performance et humanité

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